Revibat sur France Inter :

la laine de verre recyclée mise à l’honneur dans Carnets de campagne

06/05/2026 2 min de lecture

Revibat a eu le plaisir d’être mis en avant dans l’émission Carnets de campagne sur France Inter, consacrée aux initiatives locales et innovantes.

Cette prise de parole est l’occasion de présenter notre mission : donner une seconde vie aux déchets de laine de verre en les transformant en un isolant performant, recyclé et bas carbone.

Écouter notre passage sur France Inter

Nous remercions France Inter et l’équipe de Carnets de campagne pour cette mise en avant de Revibat et de notre isolant REVIVER, conçu à partir de laine de verre recyclée.

🎧 Écouter le replay : https://lnkd.in/eUqgT6Jx
Notre passage débute à 6 min 10.

Vous trouverez ci-dessous la retranscription de l’échange entre Dorothée Barba, pour France Inter, et Antonin Petitjean, pour Revibat.

Dorothée Barba — France Inter :
Le secteur du bâtiment, on le sait, est une source considérable de déchets.

Eh bien voici une entreprise qui propose un service unique en France : un isolant conçu en laine de verre usagée et recyclée.

Revibat est installé à Monthyon, près de Meaux.

Bonjour Antonin Petitjean.

Antonin Petitjean — Revibat :
Bonjour Dorothée.

Dorothée Barba — France Inter :
Vous travaillez dans cette entreprise depuis deux ans.

Démarrons par le constat, s’il vous plaît, le constat de gaspillage.

Que devient la laine de verre usagée d’habitude quand elle n’est pas recyclée ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Alors effectivement, aujourd’hui, pour avoir une idée du volume, le volume de déchets annuel produit en France est d’environ 140 000 tonnes.

Dorothée Barba — France Inter :
Uniquement en laine de verre ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Uniquement en laine de verre et en laine de roche, en laine minérale, on appelle ça quand on ne fait pas distinction entre laine de verre et laine de roche, ce qui représente en volume l’équivalent de la pyramide de Kéops, globalement. Alors moi je ne l’ai jamais vue en vrai, mais c’est grand, et pour la plupart, en fait, à peu près 90 % de ce volume de déchets est aujourd’hui enfoui dans les centres de stockage de déchets qui parsèment la France.

Dorothée Barba — France Inter :
Donc pour qu’on comprenne bien, c’est la laine qu’on enlève quand on fait de la rénovation, des travaux, et c’est la laine de verre qui est usagée, qui pourrait être réutilisée en l’état ou pas du tout ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Exactement, c’est vraiment des déchets de laine de verre. Donc tout bâtiment qui est déconstruit, démoli, est composé de plein de choses dans son enveloppe et dans sa construction, dont de la laine de verre pour l’isolation.

Elle peut être dans certains cas réemployée. On n’est pas contre le réemploi de la laine de verre, ça se fait sur des opérations très ciblées. Mais le problème, c’est qu’au bout de plusieurs années d’usage, les performances de la laine de verre peuvent changer : performances isolantes, acoustiques, enfin toutes les performances qui sont caractéristiques d’un bon isolant peuvent évoluer. Et en fait, il n’y a pas forcément de traçabilité de ces évolutions-là.

Et donc, c’est très difficile dans les bâtiments qui sont aujourd’hui très normés dans les critères de performance thermique de réemployer des matériaux dont on n’a justement pas la connaissance des performances thermiques.

Donc c’est aujourd’hui ce qui freine beaucoup le réemploi des laines minérales sur le marché de la construction.

Dorothée Barba — France Inter :
Alors ça, c’est pour le réemploi, mais vous procédez chez Revibat au recyclage de laine de verre. Comment procédez-vous très concrètement pour recycler ce matériau ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Exactement. Comme le réemploi est assez compliqué, on a développé un process de recyclage bas carbone. Le recyclage de laine de verre existe déjà depuis de nombreuses années, on n’est pas les premiers à faire du recyclage. Néanmoins, on a proposé une alternative au recyclage qui aujourd’hui est assez carboné, parce qu’il passe par la refonte de la laine de verre pour réintégrer cette laine de verre dans le process initial de fabrication de la laine de verre des industries. Donc on la fait fondre, d’habitude.

C’est ça, exactement, pour en faire du calcin, et ensuite on refait fondre ce calcin pour en faire des laines de verre neuves qu’on trouve dans les magasins, dans les grandes surfaces.

Nous, on a décidé de trouver une alternative à cette méthode-là, en n’utilisant pas la refonte et donc en réutilisant vraiment les déchets tels qu’ils sont. On vient broyer, défibrer la matière pour ensuite réagglomérer ces fibres en panneaux d’isolant, qui sont réutilisables et qui ont les mêmes performances thermiques et acoustiques.

Dorothée Barba — France Inter :
J’ai un échantillon dans la main, un petit cube de laine de verre. Voilà, je ne m’y connais pas du tout, mais ça ressemble à de la laine de verre. Est-ce qu’il y a des différences entre le produit d’origine et le produit recyclé, Antonin ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Alors oui, il y a quelques différences. Là déjà, elle est un peu plus dense que la laine de verre conventionnelle. Elle est aussi visuellement un peu différente, dans le sens où elle est composée de plein de petits morceaux qui peuvent être de couleurs différentes, donc…

Dorothée Barba — France Inter :
On s’en fiche, on ne le voit pas.

Antonin Petitjean — Revibat :
C’est ça, de toute façon on s’en fiche, ça finit derrière un mur. Mais sa couleur peut varier au fil des productions, au fil des jours.

Après, d’un point de vue technique, les performances sont équivalentes à des isolants conventionnels, sont d’ailleurs même plus performantes. Enfin, nos panneaux d’isolants sont plus performants que les isolants biosourcés. On propose aussi une résistance au feu, une résistance à l’eau, donc on est sur un isolant qui est aussi performant, voire plus performant que les isolants du marché aujourd’hui.

Dorothée Barba — France Inter :
Voilà, aussi performant. Mais bien sûr, la question qui se pose, c’est le prix. Comment se situe votre produit sur le marché par rapport à la concurrence ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Aujourd’hui, il y a deux niveaux de prix sur les isolants. Il y a les isolants conventionnels, la laine de verre, la laine de roche, qui existent depuis 50 ans, les usines qui produisent 400 tonnes à la journée, qui ont été optimisées, rentabilisées. Donc ça, c’est les isolants les moins chers du marché. Aujourd’hui, on ne s’adresse pas à ce secteur de marché-là.

Mais par contre, l’autre secteur qui existe, c’est les biosourcés, notamment avec les isolants plutôt bas carbone, soit par leur conception, soit par leur technique de fabrication. Et donc, on se situe entre les deux, d’un point de vue prix seulement. On est entre les matériaux biosourcés et les isolants conventionnels, mais en apportant plus de performances que les matériaux biosourcés.

Dorothée Barba — France Inter :
Donc vous êtes plus cher que de la laine de verre conventionnelle, mais moins cher que les matériaux qui sont biosourcés, c’est-à-dire issus de matières biologiques ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Exactement, c’est ça. On est le seul isolant sur le marché qui est entièrement poubelle-sourcé, donc c’est à nous de créer le secteur qui va avec.

Dorothée Barba — France Inter :
Je disais tout à l’heure que c’est unique en France, ce produit, parce que vous avez breveté votre processus de recyclage. Ce qui est vraiment singulier, c’est cette idée de broyer la laine de verre et de ne pas la faire fondre, c’est bien ça ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Exactement, tout à fait. On est les premiers à maîtriser cette technologie qui implique beaucoup de complexité parce qu’il faut réussir à maîtriser la conformité et surtout l’uniformité de ce qu’on produit. Mais effectivement, on a protégé ça par de nombreux brevets, il y a plus de 8 brevets en cours sur cette usine.

Dorothée Barba — France Inter :
Et d’où vient la laine de verre que vous utilisez ? Comment la récupérez-vous ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Alors on a plusieurs filières pour l’approvisionnement de notre usine. La principale, c’est les chantiers de déconstruction et démolition. C’est notre vocation d’essayer de réduire cette part de déchets qui est enfouie aujourd’hui.

Donc, en travaillant en direct avec des chantiers de déconstruction — j’ai vu en venant qu’il y avait des travaux devant la Maison de la Radio, bon je ne crois pas qu’il y ait de la laine de verre sur ces travaux-là — mais on travaille avec des chantiers parisiens, avec tous les chantiers d’Île-de-France, parce que notre usine est en Île-de-France pour l’instant. L’objectif est d’essayer de ne pas faire trop voyager les déchets, parce que ça reste principalement de l’air, les laines de verre. Donc dans cette optique d’essayer de réduire aussi le poids carbone du produit, on essaie de le faire venir le moins possible.

Donc on travaille avec les chantiers de déconstruction, de démolition, de curage, tous ces chantiers-là. On travaille aussi avec des industriels. Il y a aussi beaucoup d’industriels qui ont des chutes, à la fois dans leur process de production ou sinon dans des coupes très spécialisées, des isolants pour les applications très techniques, qui aujourd’hui n’ont pas forcément non plus de débouchés. Donc en fait, tout produit qui n’a pas d’usage en tant que tel en laine de verre peut être recyclé.

Dorothée Barba — France Inter :
Ça représente quelle proportion de la laine de verre usagée ?

C’est une goutte d’eau dans l’océan, j’imagine ?

Antonin Petitjean — Revibat :
Pour l’instant, oui. L’idée, c’est qu’on est au début de l’aventure. On a déjà réussi à industrialiser un process, ce qui, je trouve, est assez exceptionnel : créer une usine, avec du financement 100 % privé. On n’est pas soutenu par un grand groupe qui pourrait nous importer de l’argent pour pouvoir faire ses recherches. C’est une petite équipe très soudée qui a fait ça, qui est capable de produire des isolants à partir de déchets, ce qui est exceptionnel.

Pour l’instant, effectivement, on débute dans l’aventure, mais l’idée, c’est d’à terme recycler 75 000 tonnes de déchets par an. Donc ça représenterait une bonne partie du volume de déchets qui est aujourd’hui enfoui.

Dorothée Barba — France Inter :
Un bon morceau de la pyramide de Kéops.

Antonin Petitjean — Revibat :

Exactement.

Dorothée Barba — France Inter :

Donc Revibat, entreprise basée à Monthyon, en Seine-et-Marne.

Merci beaucoup Antonin Petitjean.

Antonin Petitjean — Revibat :
Merci à vous.